Il suffit parfois de faire quelques centaines de mètres pour avoir l’impression d’avoir quitté Bruxelles.
À Watermael-Boitsfort, l’avenue du Grand Forestier longe les étangs Ten Reuken et mène tout droit vers la Forêt de Soignes. C’est ici, dans une jolie maison installée à l’orée du bois, que se trouve Au Grand Forestier, une brasserie qui cultive depuis 2015 un certain art de vivre bruxellois : une belle table, des classiques bien installés et, surtout, un cadre qui donne envie de prendre son temps.
L’adresse appartient à la famille Niels, une véritable dynastie de la restauration bruxelloise. Et si le nom vous dit quelque chose, c’est probablement parce que les Niels sont également derrière des maisons comme Au Vieux Saint-Martin ou Au Savoy.
Mais au Grand Forestier, l’ambiance est différente. Plus verte, plus décontractée. Ici, la forêt est presque dans le jardin.
Une adresse qui profite pleinement de son environnement
Le premier charme du Grand Forestier, c’est évidemment son emplacement.
Le restaurant se trouve à quelques pas des étangs Ten Reuken, dans un quartier où l’on oublie assez rapidement les grands axes bruxellois. La terrasse privée, chauffée et ouverte toute l’année, permet de profiter de cet environnement lorsque la météo le permet.
C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles l’adresse fonctionne aussi bien pour un déjeuner tranquille que pour un repas en famille le week-end.
À l’intérieur, on retrouve l’esprit d’une brasserie contemporaine : confortable, soignée, mais sans chercher à transformer le lieu en restaurant conceptuel. Les œuvres d’art belge accrochées aux murs rappellent d’ailleurs l’attachement de la maison à une certaine tradition culturelle bruxelloise.
Le décor a quelque chose d’intemporel. On peut y venir avec ses parents, ses enfants ou pour un déjeuner professionnel sans avoir l’impression d’être dans deux restaurants différents.
Dans l’assiette, les grands classiques ont toujours leur mot à dire
Au Grand Forestier ne cherche pas à réinventer la cuisine belge à chaque saison. Et c’est probablement très bien ainsi.
La carte fait la part belle aux classiques de brasserie, avec notamment la sole, les moules-frites, les croquettes de crevettes, le vol-au-vent ou encore l’omelette forestière. Le restaurant met également en avant des produits de saison et une cuisine préparée sur place.
Parmi les plats qui reviennent régulièrement dans les recommandations, impossible évidemment de passer à côté du filet américain.
Et là, l’histoire devient particulièrement bruxelloise.
Le fameux filet américain des Niels
La famille Niels revendique l’invention du filet américain en 1924 par Joseph Niels, l’arrière-grand-père de la génération actuelle. La recette fait depuis partie de l’histoire de la famille et reste une spécialité emblématique de ses restaurants.
Au Grand Forestier, il est proposé avec des pommes frites.
Que l’on soit amateur convaincu de filet américain ou simplement curieux de goûter à ce grand classique belge, c’est évidemment le plat à essayer au moins une fois dans cette maison.
Et il y a quelque chose d’assez amusant à manger un plat aussi associé à Bruxelles dans un restaurant posé presque au milieu des arbres.
Une cuisine de brasserie qui assume son côté généreux
La carte actuelle garde cette philosophie de cuisine traditionnelle, avec des plats qui parlent immédiatement aux habitués des bonnes brasseries bruxelloises.
Le menu peut évoluer au fil des saisons, mais on retrouve cette volonté de travailler des produits frais et de conserver une cuisine lisible. La maison indique notamment privilégier des produits frais et des fournisseurs sélectionnés avec soin.
Ce n’est donc pas l’endroit où l’on vient chercher une cuisine expérimentale ou des assiettes ultra-minimalistes.
On vient plutôt pour une sole, des moules-frites, un filet américain, une belle pièce de viande ou un dessert gourmand. Bref, pour ce plaisir très simple de s’asseoir et de manger une cuisine de brasserie.
Un restaurant qui fonctionne aussi très bien en famille
Autre avantage du Grand Forestier : son côté accessible.
L’établissement dispose notamment de chaises hautes et propose une offre adaptée aux enfants. Les chiens sont également acceptés.
Cela en fait une adresse intéressante pour les familles qui cherchent un restaurant où l’on peut déjeuner sans devoir transformer la sortie en expédition.
Et puis il y a le cadre.
Après le repas, une promenade autour des étangs Ten Reuken ou en direction de la Forêt de Soignes permet facilement de prolonger la journée. C’est ce qui fait, à mon sens, une partie du charme de cette adresse : le restaurant n’est pas isolé de son environnement, il en profite pleinement.
Une maison qui s’inscrit dans une longue histoire bruxelloise
Le Grand Forestier a ouvert ses portes en 2015, mais son histoire familiale est beaucoup plus ancienne.
L’aventure des Niels remonte à Joseph Niels, qui travailla notamment au Savoy de Londres avant de revenir à Bruxelles. En 1924, il aurait créé la recette du filet américain. Plusieurs générations plus tard, la famille continue de développer ses restaurants à Bruxelles et dans le Brabant wallon.
En 2025, Maxime Niels a d’ailleurs rejoint son père Frédéric et son grand-père Albert-Jean dans la direction des Maisons Niels. La maison familiale continue donc à évoluer tout en conservant ses classiques.
C’est peut-être cela qui explique l’identité assez particulière du Grand Forestier : le restaurant est contemporain, mais il ne cherche pas à effacer ce qui existait avant lui.
Alors, faut-il tester Au Grand Forestier ?
Si vous aimez les brasseries bruxelloises traditionnelles, la réponse est plutôt oui.
Le Grand Forestier n’est pas une adresse où l’on vient chercher le dernier concept gastronomique à la mode. Et ce n’est justement pas son ambition.
On vient ici pour le cadre, pour une cuisine de brasserie généreuse, pour une terrasse agréable aux beaux jours et pour cette sensation assez rare à Bruxelles de pouvoir déjeuner à quelques pas de la Forêt de Soignes.
La carte et l’expérience ne feront probablement pas l’unanimité — comme dans toute brasserie, les avis des clients sont d’ailleurs assez partagés sur certains aspects du service ou des assiettes. Mais l’adresse conserve une vraie personnalité et bénéficie d’un emplacement difficile à reproduire.
Notre conseil ? Venez plutôt à midi, prenez le temps de déjeuner et, si la météo est agréable, prolongez avec une promenade autour des étangs.
Parce qu’au Grand Forestier, le plaisir ne se trouve pas uniquement dans l’assiette. Il commence déjà lorsque l’on quitte la ville pour entrer dans ce petit coin de Boitsfort où Bruxelles prend soudain des airs de campagne.
Infos pratiques
Au Grand Forestier
Avenue du Grand Forestier 2
1170 Watermael-Boitsfort
Le restaurant indique être ouvert tous les jours à partir de 10 h, avec une cuisine en continu de midi à 23 h et une dernière commande à 23 h. Il dispose également d’une terrasse privée chauffée ouverte toute l’année.
Réservations : 02 672 57 79.


